Comment bien acheter une tiny house d’occasion ?

Comment bien acheter une tiny house d’occasion ?

Temps de lecture : 15 min

Pourquoi acheter une tiny house d’occasion ?

Le prix d’une tiny house neuve et sur-mesure de constructeur soulève encore de nombreuses questions. En France, le travail artisanal à un coût et se faire bichonner par un professionnel (conception sur-mesure, matériaux de qualité…) nécessite un certain budget qui peut ne pas s’aligner avec vos finances.

Pour celles et ceux qui ne disposent pas de l’épargne nécessaire, l’occasion peut se révéler être une très bonne solution. Parallèlement, habiter dans ces petites maisons est souvent lié à des moments très spécifiques de la vie que certains événements (mutation professionnelle, naissance d’un enfant…) peuvent venir chambouler. Il en résulte donc un marché de l’occasion plutôt dynamique qui devrait vous permettre de trouver assez aisément votre bonheur.

Où trouver sa tiny house d’occasion ?

S’il y a bien un site qui raisonne avec occasion, c’est Le Bon Coin. Devenu incontournable depuis de nombreuses années dans de nombreux domaines, il ne fait pas exception à l’univers des tiny houses. Celles-ci s’étant répandues en France depuis maintenant plus d’une dizaine d’années, le marché de l’occasion est bien fourni et le fameux site de petites annonces est un excellent début de recherche. Il vous permettra de vous confronter au marché et de vous forger une culture : qu’est-ce qui se vend et à quel prix ? Cela vous sera très utile pour la suite de vos recherches.

Nous ne pourrions que trop vous recommander également le Collectif tiny house sur Facebook. Ce groupe, non content de représenter une mine d’informations sur toutes les problématiques gravitant autour de la vie en tiny, peut aussi se révéler utile pour l’acquisition ou la vente de tiny houses. N’hésitez pas à naviguer sur les différents posts ou carrément à vous faire connaître en tant qu’acheteur potentiel. Il arrive fréquemment que des propriétaires doivent, pour une raison ou pour une autre, se séparer de leur tiny house.

Enfin, n’hésitez pas non plus à visiter régulièrement la partie “annonces” de l’excellent et incontournable www.tinyhousefrance.org.

Combien coûte une tiny house d’occasion ?

Ha, la fameuse question ! Combien coûte une voiture ? Combien coûte un voilier ? Même si les caractéristiques d’une tiny house sont finalement assez standards (dimensions, matériaux, fonctions…), il reste très difficile de définir un prix. Celui-ci va, en effet dépendre de nombreux facteurs. Si nous devions néanmoins donner une fourchette, nous dirions qu’un achat d’occasion sérieux ne se vend généralement pas à moins de 40 000 € et peut grimper jusqu’à 70 à 75 000 € pour certaines tiny houses de constructeurs.

D’un seul coup d’œil, il est déjà possible d’évaluer la complexité de la structure, ce qui a une influence directe sur la valeur de la construction. La toiture est-elle simple ou double pente ? Est-elle équipée de lucarnes rampantes ? Les menuiseries sont elles présentes en quantité généreuse ou réduite au strict minimum ?

Viennent ensuite les niveaux de finitions et les matériaux employés. Un soin particulier a-t-il été apporté aux finitions ? Vis apparentes ou masquées, étagères fixées sur tasseaux plutôt que solidarisées de manière discrète, aspect général… Il s’agit là de petits détails, mais du genre qui ont leur importance. Ces menus détails ne trompent pas et ils en disent généralement assez long sur la qualité globale de la réalisation. Ils seront à chercher dans les recoins, à l’abri de la zone où porte naturellement le regard. On pourra d’ailleurs débuter notre travail d’inspection directement sur les photos des annonces sélectionnées. Concernant les matériaux, on y sera aussi très attentif et on ne réagira pas de la même manière entre un trois plis Épicéa et un panneau de particules mélaminé, devant des raccords de plomberie “bricolage” et du multicouche serti, devant une toiture en bacs acier et une couverture en aluminium à joint debout…

On sera attentif également aux équipements généraux techniques (extracteur d’air ou VMC monopoint, chauffe-eau, appareil de chauffage), aux équipements électroménagers (nombre, marque et qualité) ainsi qu’aux équipements d’autonomie le cas échéant (panneaux solaires photovoltaïques, autonomie en eau…).

Enfin, soyez particulièrement vigilant à l’état général de la tiny house. Vieillissement des éléments extérieurs, coups, rayures sur les différentes surfaces sont autant d’indices vous permettant de juger de la solidité de la maison ainsi que du soin qui a été apporté par son propriétaire.

Le vrai bon plan : Acheter une tiny à finir ! Régulièrement, des auto-constructeurs avortent leur projet pour une raison ou pour une autre. Les tiny houses étant sujet à une décote très limitée, il s’avérera particulièrement intéressant d’acheter une version “à finir” si tant est que l’on soit un minimum bricoleur.

En pratique, quels sont les points à vérifier absolument avant l’achat ?

Ça y est, vous avez trouvé la tiny house de vos rêves, la tiny house qui rentre dans votre budget, qui a une petite forme sympa, toutes les ouvertures souhaitées, du volume intérieur, une disposition qui vous convient et les équipements nécessaires. Vient alors l’heure de la visite. Cette visite, si elle va vous permettre de confirmer votre coup de cœur, devra également être l’occasion de vérifier consciencieusement l’ensemble des points clé permettant d’évaluer la santé de votre futur lieu de vie. Cette tiny house peut être la réalisation d’un amateur éclairé ou d’un constructeur de tiny houses, mais une chose est certaine : aiguiser son œil sur les points suivants est essentiel pour se prémunir de tout problème.

La remorque

Commençons par la remorque, celle-ci devra être galvanisée ou peinte et ne pas présenter de point de rouille en quantité excessive (il peut y avoir une légère présence de rouille superficielle notamment à des endroits où la couche de protection aurait été altérée sans que cela ne soit préjudiciable à l’ensemble). Même recommandations concernant les brides de serrage : celles-ci devront être saines. Resserrez les écrous si nécessaires. Par ailleurs, la remorque devra comporter deux essieux freinés. Contrôlez attentivement l’état des pneumatiques et des feux de signalisation, surtout lorsque vous repartirez avec !

Les dimensions

Pour pouvoir transporter votre tiny house et circuler librement, une tiny house ne devra pas présenter une largeur supérieure à 2,55 m. La hauteur maximum, quant à elle, ne devra pas excéder 4,30 m. Assurez-vous, en outre, que cette hauteur reste compatible avec votre itinéraire, car certains trajets présentent des obstacles inférieurs à cette dimension. Enfin, il n’existe pas réellement de limite de longueur, mais cette dernière se situera généralement aux alentours de 6,00 m ou 6,60m (max. 7,20m) car elle influence directement le poids qui ne devra exéder 3,5 T.

Le poids

Le poids maximum autorisé (à vérifier sur la carte grise de la remorque) est la plupart du temps de 3,5 T. Il s’agit du poids maximum qu’il est autorisé de tracter avec un permis BE. Pour vous assurez du respect de ce point, demandez un ticket de pesée, allez la peser vous même ou croiser les doigts !

La gestion de l’humidité

En ossature bois, la gestion de l’humidité cruciale puisque celle-ci, si elle se retrouve piégée au mauvais endroit, peut sérieusement nuire à la pérennité de l’ouvrage. Malheureusement, il s’avère impossible de contrôler la rigueur de la pose de membrane pare-vapeur autrement que par des photos de chantier. En revanche, on sera extrêmement attentif à toute trace nous permettant de suspecter une mauvaise ventilation ou pire une condensation dans les murs. Recherchez pour cela des traces de moisissure et en particuliers dans les angles, les coins et dans les meubles. Assurez-vous également de la présence d’un extracteur d’air dans la salle de bain ainsi que d’une amenée d’air frais dans l’espace de vie (par le biais d’une grille murale ou sur une ou plusieurs menuiseries)

Demandez des photos du chantier !

Dans le cas d’une construction amateur (et même finalement auprès d’un professionnel) demander des photos du chantier reste une démarche très puissante. En effet, si la personne est en mesure de vous fournir un dossier détaillé, cela prouve non seulement qu’elle n’a rien à vous cacher, mais également qu’elle a eu la rigueur de documenter la construction. Cela vous en apprendra énormément sur le soin apporté aux éléments techniques qui disparaissent au regard une fois les parements posés. Ce dossier technique vous offrira également une meilleure connaissance de votre maison et pourra vous éclairer sur de potentielles futures défaillances et les manières d’y remédier.

L’isolation

Une tiny house présente généralement une isolation d’une dizaine de centimètres en fibres de bois, Biofib trio (mélange de chanvre, coton et lin) ou laine de coton (généralement de la marque Metisse). Ces isolants présentent tous trois l’avantage d’être biosourcés ou issus du recyclage. Mais quel que soit le type d’isolant, il conviendra que l’habitation présente une épaisseur d’isolation de 10 cm. Plus de 10 cm alourdiraient et augmenterait l’encombrement des murs, moins serait assurément trop juste pour un usage en résidence principale en hiver. L’isolant doit offrir une résistance thermique R d’au moins 2,50. Pour cela, posez la question ou demandez à étudier des photos de la construction

Le bardage

Le bardage des tiny houses fait généralement appel à des bois légers. Sur le podium des poids plume, on retrouve le Western Red Cedar suivi de très près par le Peuplier thermo-traité. Tous deux sont des bois très légers et qualitatifs. Tous deux présentent une excellente durabilité employés en bardage. À noter que le Red Cedar est un bois produit en Amérique du Nord et qu’il aura dû traverser l’Atlantique pour finir sur une tiny house française. Le Peuplier thermo-traité fait, quant à lui, appel à une quantité non négligeable d’énergie (partiellement tirée des rebuts de production) pour son traitement. Si, en terme de bilan, les deux ne sont pas loin de s’équivaloir, il semble y avoir un léger avantage pour le Peuplier. À vous de choisir !Outre les essences, d’un point de vue très pragmatique, quels sont les points clé à vérifier attentivement ? Avant toute chose, le bardage doit présenter un bon aspect général. Soyez attentif à d’éventuelles zones d’impact qui aurait pu désolidariser un morceau sur une lame et laisser pénétrer de l’eau. Examinez minutieusement le soin qui a été apporté à l’ajustement du bardage autour des menuiseries. En second lieu, assurez-vous qu’une lame d’air a été ménagée dernière le bardage. Cela se vérifie en portant le regard à la base du bardage. Et pendant que vous y serez, assurez-vous que l’accès à cette lame d’air a été interdit aux rongeurs via la présence d’une grille anti-rongeur. Enfin, le bardage doit avoir été posé avec des vis ou clous en acier inoxydable. Posez la question ou contrôlez l’absence de coulure de rouille, indice que le mauvais acier aurait pu être employé.

L’étanchéité autour des menuiseries

S’il y a un point assurément crucial, c’est le soin et la qualité apportés aux traitements des singularités vis-à-vis d’une éventuelle pénétration d’eau de pluie. À ce titre, les menuiseries demeurent un point d’entrée privilégié si quelques règles élémentaires de la construction à ossature bois n’ont pas été respectées. Ainsi, il sera préférable que les menuiseries aient été posées en tunnel affleurant. C’est à dire en retrait vers l’intérieur afin qu’elles soient moins exposées aux intempéries. Une pièce d’appui munie d’une “goutte d’eau” devra avoir été posée en partie inférieure et guider l’eau vers l’extérieur de la tiny house. Enfin, assurez-vous bien de la présence d’un larmier : pièce haute redirigeant d’éventuelles gouttes de pluie vers l’extérieur également. Et, pour finir, vérifier attentivement que le tour de la menuiserie ait été traité scrupuleusement via un cordon de silicone.

La couverture

La couverture, c’est le matériau utilisé sur le dessus du toit. Et si la plupart des maisons classiques utilisent la tuile, les tiny houses privilégieront le métal (acier ou aluminium) pour des questions de légèreté et de transportabilité. Mais qu’il s’agisse de bacs en acier ou de tôles en aluminium à joints debout, la couverture représente un élément crucial de la pérennité de votre future habitation. Par conséquent, une inspection rigoureuse s’impose. Demandez à monter pour inspecter minutieusement le travail réalisé. Tout doit être en bon état sans points de corrosion excessifs. Tout doit être parfaitement solidarisé. Imaginez-vous un jour de pluie diluvienne ou de fort vent. Les pentes, les recouvrements, sont-ils suffisants ? Les points de détails (Velux, conduit de fumée, noues…) ont-ils été traités convenablement et avec soin ? Il n’est vraiment pas requis d’être un expert, mais plutôt de prendre son temps et de faire preuve de bon sens. Pour finir, examinez également l’état du plafond à l’intérieur de la tiny house, cela pourra vous renseigner sur d’éventuelles pathologies liées à des défauts d’étanchéité de la toiture.

La plomberie

Là aussi, une inspection visuelle minutieuse s’impose. Quelle impression globale vous inspire la partie visible de l’installation ? Sorties de murs soignées ou bâclées ? Tubes multicouche cintrés proprement ou PER mal gérés ? Si possible, testez tous les points d’eau (eau chaude, eau froide, bruits éventuels dans les évacuations). Dans ce domaine, il n’est pas nécessaire de posséder une connaissance approfondie du sujet pour se faire une idée du sérieux avec lequel on été exécutés les travaux. Demandez également si des raccords ont été placés dans les murs et dans la dalle. Et, si tel est le cas, ceux-ci doivent impérativement avoir été sertis. Pour finir, la présence d’un filtre à tamis et d’un réducteur de pression en entrée d’installation seront un plus ainsi qu’un petit gage de sérieux supplémentaire.

L’électricité

Dans le domaine électrique, lorsqu’on est néophyte, là encore, ce sont l’impression générale et le bon sens qui priment. Vérifiez bien le fonctionnement de tous les appareils électriques (prises, éclairages simples et va-et-vient, extracteur d’air, chauffe-eau, prise frigo, chauffage…). Le tableau doit être propre et comporter un interrupteur différentiel de calibre 30 mA en début de rangée suivi d’une série de disjoncteurs dédiés aux usages principaux de la tiny house (éclairage, prises de courant, chauffe eau, etc.).

Quelles sont les démarches à respecter lors de l’achat d’une tiny house d’occasion ?

La cession de la remorque

À ce jour, une tiny house reste, au regard de la loi, un chargement sur une remorque. Il conviendra donc de bien différencier les deux lors du transfert de propriété. La remorque devra être cédée au même titre que tous véhicules immatriculés. Vous trouverez les démarches et les documents Cerfa nécessaires sur les sites du gouvernement (pour la France en tout cas).

Transfert de propriété de la tiny house

Lors de l’achat auprès d’un constructeur de tiny houses, la prestation de réalisation sur-mesure ou bien l’achat d’une tiny house standard fait l’objet d’une facturation. Cela vous permettra de revendiquer clairement et sans ambiguïté que vous en êtes bien le propriétaire si besoin. Lors d’un achat d’occasion, et au vu de la somme engagée, il conviendra d’établir clairement et par écrit la vente et donc le changement de propriétaire de l’objet. Rapprochez-vous d’un notaire qui pourra vous conseiller gratuitement sur les éléments à faire figurer sur le document.

Assurance de la remorque et du chargement le jour du transport

Une tiny house qui respecte bien les dimensions du gabarit routier peut circuler librement sur le réseau routier français sans aucune forme de démarche particulière (pour en apprendre davantage, nous vous invitons à consulter notre article sur le transport des tiny houses). En revanche, il est obligatoire et indispensable d’assurer le convoi correctement et pour ce faire, nous vous invitons à vous rapprocher de votre assureur. Celui-ci assurera généralement le prix de la remorque ainsi que le prix de son chargement. Notez bien que certaines compagnies peuvent rechigner à assurer un convoi dont le conducteur n’est pas le propriétaire du véhicule tracteur. Attention donc aux véhicules de location et au prêt d’un véhicule par un ami ou de la famille qui peuvent retarder les démarches. Dans tous les cas, rien n’est impossible, mais cela peut prendre du temps ou nécessiter de passer par un autre organisme d’assurance. En un mot : anticipation !

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